Je vais bientôt entamer les deux derniers mois de mon congé parental et je sais la chance que j'ai d'avoir pu accompagner mini-nous dans ses premiers mois, de la regarder devenir petite fille au jour le jour. Cependant, malgré mes journées bien occupées par bébé, qui à décréter que dormir la journée c'était un peu surfait et qu'être seule plus de deux minutes était innacceptable, par le ménage, le repassage et la préparation des repas (les siens et les nôtres) j'ai toujours l'impression de ne pas faire assez: je ne passe pas l'aspirateur tous les jours, la poussière non plus, je ne me lance pas dans la préparation compliquée de repas et même certains jours le repas n'est pas prêt quand monsieur rentre. Et j'ai bien souvent l'impression dans ses yeux à lui que je ne fais pas assez, je passe à journée à jouer avec mini-nous, lui chanter des chansons et la prendre dans mes bras et c'est tout! Pourtant, je suis épuisée le soir, bien souvent au lit juste après ma fille qui dort vers 21h (et qui fait ses nuits depuis ses un mois et demi, je sais....) En quoi ma fatigue est-elle moins légitime que la sienne? Pourquoi c'est à moi de tout gérer? Ainsi j'ai dû faire les courses seule aujourd'hui samedi pendant qu'il restait à la maison avec mini-nous, et honnêtement j'ai trouvé cela extrêmement injuste! Je suis consciente qu'il travaille et qu'il a le droit d'être agacé que tout n'est pas fait selon les règles de l'art mais quand même! Bref, je suis sûre que la majorité des mamans en congé parental se font ce genre de réflexion, non? Sans compter qu'intellectuement et socialement ça commence à être limité! Autant, mini-nous progresse à vue d'oeil, autant j'ai l'impression de régresser parfois, souvent. 

D'un autre côté, je n'ai pas excessivement envie de retourner travailler (euphémisme du siècle!). Je profite tellement de ces moments rien qu'à mini-nous et moi. Prendre le temps pour la première de ma vie de prendre le temps. Traîner en pyjama pour pouvoir jouer sur le tapis, pour lire des histoires, inventer des pièces de théâtre avec des doudous, la voir découvrir ses mains, ses pieds, ses éclats de rire, écouter des heures ses babillages, secrets qu'on ne répète pas à papa... Cela fait près d'un an que je suis à la maison si l'on compte mon arrêt maladie avant mon congé mat' et en plus j'ai grapillé un mois de relation avec mini-nous car elle est préma d'un mois et pourtant je n'ai rien vu passé de cette année et que finalement un an ce n'est pas assez. Je voudrais rester toujours avec ses petites mains autour de mon cou, à faire semblant de croquer son bidou, à faire des câlins et la faire rire. Quitter cette douceur de vivre et la lancer sans filet dans le rythme tumultueux des futures journées me font stresser  Je ne me sens pas prête à quitter ma poupette, rentrer à 19h30 et gérer le bain, les repas et le coucher seule quand monsieur finit à 22h. D'autres le font, avec même plusieurs enfants et en plus j'ai la chance d'avoir un emploi qui me permet de ne travailler ni les mercredis ni les vacances mais pour le moment j'ai l'impression que je vais perdre tellement de qualité de vie ,louper tellement d'étapes importantes pour elle...

Vous êtes dans le même cas? Vous avez repris le travail mais ça a été difficile, ou au contraire ça a été la libération? Dites moi.