L'avantage de mon diabète gestationnel est d'avoir été tellement surveillée que je ne pouvais plus faire pipi ailleurs que dans un petit pot. Ainsi, lors de ma surveillance intensive, on m'a diagnostiquée une pré-éclampsie modérée à 7 mois et 3 semaines de grossesse. Conséquence immédiate: mon hospitalisation afin de me surveiller comme me l'a souvent répétée la gynéco responsable du service "comme une casserole de lait sur le feu". Et accessoirement me vider de mon sang à l'aide de prise de sang tous les matins (sympa le réveil à 6h30) et m'obliger à faire pipi dans un contenant de 2 litres tous les jours (quand tu as de la visite et que le pot trône dans les toilettes, tu te sens très glam!).

La pré-éclampsie est une maladie de grossesse qui se caractérise par une tension élevée et des albumines (protéînes) dans les urines, signe que les reins ne font plus leur travail de filtrage correctement en conséquence de la tension trop élevée.Le seul remède étant l'accouchement, autant dire que j'étais légèrement flippée. Surtout, que l'on m'a mise dans une chambre avec une jeune femme enceinte de son deuxième enfant, qui m'explique qu'elle a eu une pré-éclampsie pour son premier, césarienne en urgence en anesthésie générale, failli y passer, etc. Il n'y a pas à dire, ça rassure. 

Quand j'ai eu ma chambre seule, j'ai commencé à pleurer et cela m'est arrivé très souvent durant mon séjour à l'hôpital. Je n'avais pas envie d'y être, les hormones, l'inquiètude et cette envie tenace qu'on me fiche la paix, là dessus on rajoute le manque de sommeil dans un lit tout sauf confortable, l'éclate totale!

Je l'ai déjà évoqué, ma grossesse a été difficile psychologiquement car beaucoup d'inquiètude: le diabète, l'échographie pour vérifier que je n'ai pas transmis à mon bébé la malformation cardiaque avec laquelle je suis née (pas très grave si elle est découverte mais quand même, on a pas envie de la transmettre), l'échographie pour vérifier que les reins du bébé se sont bien remis car dilatés sur l'écho morpho, la découverte d'une veine dilatée dans le cordon ombilicale. A ce moment-là, on a pas jugé bon de me dire en quoi ça pouvait être grave, juste qu'il faudrait faire une amniocenthèse si ça ne se résorbait pas d'ici la prochaine écho mais on l'a fait pas tout de suite l'amnio car là maintenant il y a trop risque de mort pour le bébé (jah merci de l'info, je n'étais pas trop stressée pour le moment) et que finalement le jour de l'aminio tardive (33 SG), ben on va plutôt faire un prélèvement du sang du cordon parce que bébé est un peu mal placé. Donc l'hospitalisation a été la goute d'eau. 

La gynéco sur laquelle je suis tombée était vraiment top, gentille, claire, impliquée, un régal après tous les professionnels croisés qui n'étaient pas forcément aimables et qui ne t'expliquent rien. Les bébés c'est leur métier, nous c'est toute la suite de notre vie et ça fait une grande différence. Heureusement, cette gynéco, la sage femme libérale chez qui j'ai fait la prépa accouchement et les sages femmes de l'hôpital ont été supers! 

Bref, ces jours-là, ces derniers jours avant bébé ont duré une semaine. Une semaine où tous les jours j'avais l'espoir d'être déclenchée, ah ben finalement non on va laisser les choses se passées. J'ai finalement été déclenchée à l'aide de tampon de Propess après 4 jours car ma tension montait trop ainsi que les albumines. C'est un déclenchement mûrement décidé, il se fait normalement en trois étapes avec des phases de repos pour voir si le travail se met en marche. Il permet de faire les choses en douceur, avec quelques jours devant soit pour avoir une chance d'arriver aux fameuses 36 semaines, avant le bébé va d'office en couveuse, là ça dépend de l'état de santé du bébé car c'est une petite prématuritée.

Autant le dire, je n'ai pas eu une seule contraction, ça n'a pas marché car j'était trop loin du terme et mon col ne s'ouvrait pas. Mon état empirait lentement et je passais mes journées à pleurer, je n'en pouvais plus, je voulais voir mon bébé, être sûre qu'elle soit en bonne santé, rentrer avec elle et profiter enfin. Une semaine pile après mon hospitalisation et à 36 semaines et 1 jours de grossesse, je suis passée par la case césarienne "programmée" du jour au lendemain. Tout s'est bien passé et ma puce était en bonne santé même si un peu petite: 2.285 kgs et après hésitation n'est pas allée en couveuse. 

Donc si vous avez une pré-éclampsie ne stressée pas trop, n'écoutez pas tout le monde vous raconter leur histoire car bien souvent c'est les pires qui nous sont racontées et on a pas toujours envie de les entendre. Courage, si d'autres questions, n'hésitez pas, si je peux j'y répondrai.